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Les noms de domaines |
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Constituant la partie essentielle de l'adresse d'un site internet (par exemple 'yahoo.com' pour http://www.yahoo.com/), les noms de domaines font appel a des secteurs aussi differents que la technique pure (gestion des serveurs), le droit (protection des marques sur l'internet), la communication (image de l'entreprise) et le marketing (quel message faire passer?). Pourtant, cet aspect crucial de la strategie de presence des entreprises sur l'Internet est souvent meconnu, sinon totalement ignore. Le present article a vocation a 'defricher le terrain' en vous donnant quelques principes d'evaluation, de gestion et de prevention en matiere de noms de domaines.
Il y a plusieurs manieres de choisir un nom de domaine: s'en remettre a votre prestataire internet "classique", essayer un peu au hasard de deposer le nom de votre societe assorti d"un ".com" ou d'un ".fr", ou reflechir a l'impact qu'un nom de domaine efficace peut avoir sur la frequentation de votre site, et definir lequel serait le meilleur.
Ce choix n'est pas neutre : une etude publiee par Thierry EHRMANN, du groupe Serveur, indiquait recemment que les marchands virtuels qui recuperent leur nom en ".com" voient leur chiffre d'affaires realise en ligne augmenter de 2 a 5 fois... Premier element chiffre de l'importance des noms de domaines !
S'il ne suffit pas a expliquer la reussite d'un site, le nom de domaine possede assurement un certain pouvoir de captation sur les internautes : ce pouvoir est quantifiable, en fonction de cinq parametres assez generaux :
- intuitif : le nom doit pouvoir permettre a un internaute qui ne s'est jamais connecte a un site de se rendre facilement sur celui-ci. "coca-cola.com" est un nom intuitif (pour qui veut se connecter au site de Coca-Cola, naturellement ;-) ).
- court : les noms comportant plus de 3 ou 4 syllabes sont a eviter, dans la mesure du possible (ce n'est pas toujours facile). Les meilleurs noms sont souvent des acronymes : "gm.com" pour General Motors. Mais ils perdent beaucoup de leur caractere "explicite", cf ci-dessous.
- memorisable : si un internaute parle d'un site en citant son URL, il faut que les membres de l'auditoire puissent facilement se souvenir du nom de domaine et ainsi retrouver le site.
- explicite : l'ideal est de posseder un nom qui indique le contenu ou l'objet du site vers lequel il mene. "books-online.com" est par exemple tres explicite (assez intuitif, juste assez long et relativement memorisable).
- signifiant : ce critere est le plus difficile a definir, parce qu'il represente la dimension irrationnelle de chaque nom de domaine en tant que vecteur de SENS. C'est ce qui explique, notamment, que "altavista.com" se soit vendu 3,5 millions de dollars a l'ete 1998.
C'est cette dimension qui permet la creation progressive de "marques virtuelles" du type "amazon.com".
Mais le choix d'un nom n'est qu'une etape prealable, quoique essentielle, dans le parcours du futur proprietaire. Restent encore le depot et la gestion.
Le depot sera le plus souvent effectue par un prestataire specialise disposant de machines appelees "serveurs de noms", permettant "d'heberger" les noms et de les faire fonctionner. Le prestataire s'adresse a l'organisme responsable de l'attribution des noms que son client souhaite deposer. Dans le cas des noms de domaines generiques (.com, .net, .org), l'organisme est l'INTERNIC - gere jusqu'a tres recemment par la societe Network Solutions, qui a du renoncer a son monopole dans le courant de mai 1999. Pour les noms de domaines "geographiques", c'est-a-dire propres a chaque pays (".fr" pour la France), il existe (la plupart du temps) un organisme unique charge de l'attribution des noms. Dans le cas de la France il s'agit de l'AFNIC.
Derniere etape, non moins cruciale (et trop souvent negligee) : la gestion. Celle-ci s'opere par le biais de 3 contacts possedant des droits et des devoirs bien precis :
- le "contact administratif" est le responsable "politique" du nom : il importe que ce soit le proprietaire du nom, et non son prestataire, qui soit inscrit en contact administratif, sans quoi c'est le prestataire qui possede tout pouvoir sur le nom... empechant s'il le souhaite le proprietaire legitime de changer de prestataire !
- le "contact de facturation" est l'interlocuteur privilegie de l'organisme responsable de l'attribution des noms pour le paiement de la redevance. Attention, l'Internic ne plaisante pas et il est parfois arrive que telle ou telle societe voie son nom remis dans le domaine public faute d'un paiement dans les temps !
- le "contact technique" enfin est a priori reserve au prestataire, qui est responsable des operations techniques (repointage, creation de sous-noms de domaines etc.)
La gestion exige une grande rigueur, notamment dans le cas de "parcs" de noms de domaines eclates sur plusieurs dizaines de pays. Outre les aspects lies a la facturation, le dysfonctionnement d'un nom pour des raisons x ou y doit etre tres vite identifie et resolu, car du nom depend en grande partie l'accessibilite au site vers lequel il pointe
Derniere etape, qui malheureusement est trop souvent abordee dans une optique de "guerison" plutot que de "prevention" : veiller a proteger les noms, marques et produits de l'entreprise par des depots multiples. Il ne suffit pas, en effet, de posseder un nom de domaine pour s'averer satisfait : il faut encore eviter toute tentative de "vampirisation" de l'audience du site par des "pirates" qui pourraient, par la suite, vouloir revendre les noms litigieux a leurs legitimes proprietaires...
Particulierement grave pour les societes prestigieuses, deja durement touchees (il n'y a pas une seule grande societe qui ne soit touchee par ce probleme), cette forme moderne de "rackett" risque de s'etendre bientot aux entreprises de plus petite taille, au fur et a mesure que se developpera le commerce electronique.
Certes, la Loi protege les detenteurs de marque et leur permet generalement de recuperer leurs noms... Mais dans le cas d'une procedure judiciaire comme dans celui d'un "rachat" amiable, les frais engages sont toujours tres nettement superieurs au cout d'achat initial d'un nom...
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l'auteur de cet article |
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Loic Damilaville est le directeur du departement Noms de domaines de CVFM - SOS Domaines